Tout vélo a une histoire. Il a été offert ou bien il a accompagné toute une vie. Certains sont modernes et n’ont pas eu le temps d’être aimés.
Mais comment le savoir ? Comment accepter un objet qui a perdu toute identité?
Certes la plupart du temps vous n’achetez un vélo d’occasion que parce qu’il ne vaut pas cher. C’est-à-dire que, sauf si vous êtes vraiment fauché (ou migrant,
bien sûr), vous l’achetez dans la perspective d’un vol accepté d’avance comme une fatalité.
Au-delà des sentiments, les vélos d’occasion ont plusieurs inconvénients:
- Il n’y a pas beaucoup de choix.
- Il faudrait être un expert pour savoir s’il est en état ou pas. Les plus graves défauts sont les plus difficiles à détecter, fêlure ou pliure du cadre, rouille
à l’intérieur, pédale faussée …
- Il se revendra aussi facilement que vous l’avez acheté, ce qui veut dire qu’il est une charmante proie pour petit voleur.
Un achat d’occasion peut valoir la peine s’il est effectué ou contrôlé par un connaisseur. Mieux vaut donc acheter dans un atelier participatif, chez un
revendeur mécanicien ou dans les reventes annuelles des loueurs de vélos.
Mais attention encore, si ce vélo a besoin d’être réparé, vous pourriez avoir du mal à trouver quelqu’un qui sache le faire. Un exemple : j’avais un problème de
dérailleur sur mon vélo acheté neuf vers 1993. En 2015 le mécano, par commodité, coupe le câble, et s’aperçoit après qu’il était d’un modèle qui ne se fait plus. J’y ai perdu un vélo
entier.
C’est malheureux à dire, peut-être, mais je l’ai remplacé par un vélo moderne que je compte garder 30 ans. Et sans illusion, à ce moment-là personne ne saura me
le réparer, ce qui ne sera pas trop grave pour moi car moi-même je ne serai plus tellement réparable. Au moins suis-je assez sûre de la qualité du départ.
Chaque chose ayant un prix, en matière de vélo on en a pour son argent. A mon avis ça vaut le coup d’y mettre le prix.