Toute la question, vous l'avez compris, est donc de s'assurer que le propriétaire du vélo « abandonné », l'a effectivement abandonné, car sinon, c'est
lui qui a conservé l' « animus ».
Plusieurs hypothèses pour chercher à le savoir sont possibles :
-
Rechercher par tout les moyens les coordonnées de cette personne pour lui faire
dire explicitement, d'une façon ou d'une autre, qu'il a bien renoncé à tout droit sur son vélo ; attention : se constituer une preuve (écrit, mail, enregistrement).
-
Avoir recours à la copropriété, pour qu'en Assemblée Générale, soit inscrite à
l'ordre du jour, l'obligation faite à tous les copropriétaires (ou locataires par l'intermédiaire de ces derniers), de mettre, dans un délai précisé, c'est à dire avant
telle date, son nom sur les vélos qui leur appartiennent, entreposés dans le local à vélos, afin de pouvoir en débarrasser les épaves ou engins abandonnés.
-
Si à l'issue de ce délai, aucun nom n'a été mis sur le vélo, et après en avoir informé le syndic de la copropriété par précaution (et
conserver la preuve de cette information, pour ainsi toujours pouvoir démontrez votre bonne foi) vous pourrez considérer ne pas être en infraction, si vous le prenez pour en
faire (simplement) usage.
Dans ce dernier cas toujours, et dans la rigueur des principes, bien que pouvant (de bonne foi) utiliser ce vélo, sans risquer
de vous voir être poursuivi pour vol, vous ne pourrez cependant pas encore vraiment vous considérer comme propriétaire, tant que n'existera pas la preuve de ce que ce dernier
avait bien abandonné son vélo. Le simple fait de ne pas avoir obtempéré à la demande de la copropriété, de mettre son nom sur son vélo, ne peut pas, à lui seul, être considéré comme une
présomption d'abandon de la part du propriétaire, et lui faire perdre la propriété sur celui-ci.
Mais enfin, si le propriétaire a disparu dans la nature ou que c'est vous qui partez ailleurs, il y a peu de chance pour qu'un jour, ce propriétaire vous
retrouve et vienne contester votre « possession » et donc votre « apparente propriété » sur ce maudit vélo, dès lors que c'est à lui que reviendrait alors la charge de rapporter la preuve de ce
qu'il est bien propriétaire de ce vélo là ...
Dura lex, sed lex (Dure est la loi, mais c'est la loi)